Présentation du blog - A lire avant tout lors de la première visite du blog

Noé est né le 3 novembre 2012, Alice le 28 décembre 2014. Depuis sa création il y a deux longues années (Mais Dieu que le temps passe...), ce blog est consacré à leur quotidien, leur environnement, leurs proches et moins proches. Vous y lirez surtout des tranches de vie qui se veulent pas "prises de tête". Un peu de légèreté dans un monde qui commence à en manquer singulièrement.

Bonne lecture !

Cécile et Olivier



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mardi 22 janvier 2013

Des bienfaits de se moquer de bébé


Chers parents, un bon conseil : Lorsque le besoin devient irrépressible, n’hésitez surtout pas à vous moquer – gentiment mais fermement – de votre petit(e) prince(esse). Peu importe si l’entourage voit ceci du mauvais œil (ou plutôt l’entend de la mauvaise oreille…). Ne cédez pas à la bonne conscience ambiante, au « C’est pas bien ce que vous dites ! » de rigueur. Persévérez sur cette voie salutaire !
En effet, plaisanter sur sa descendance encore fragile possède des vertus thérapeutiques indéniables : lutte contre le stress découlant de nuits hachées comme un mauvais steak ; décontraction de muscles faciaux légèrement irrités par un biberon à moitié ingurgité, etc. etc.
Alors, MOQUEZ-VOUS DE BEBE ! :
- De son cri semblable au grincement d’une vielle porte vermoulue ;
- de son look ours blanc perdu loin de sa banquise natale (voir visuel) ou, selon les jours, de son babygros trop grand le faisant ressembler, en encore plus moche, à un des sept nains de Blanche-Neige ;
- de son regard vide et figé par la surprise après un rototo cataclysmique ;
- de son hoquet récurrent qui finit par l’excéder de manière ridicule ;
- du dodelinement incertain de sa tête comme posée en équilibre sur des épaules trop étroites, trop lourde pour ses cervicales paresseuses.
Pour faire tomber vos derniers remparts de culpabilité, projetez-vous dans quelques années - c’est-à-dire demain - lorsque votre petit bout de quatre kilos aura multiplié par quinze ce poids plume. Votre prince(sse) sera-t-il(elle) bienveillant(e) avec vous lorsque, à l’automne de votre vie, il vous fera remarquer avec une certaine délectation les outrages du temps sur votre physique de rêve : les cheveux qui blanchissent ou se raréfient, la silhouettes érodée par l’âge, les rides qui ravinent votre visage, l’embonpoint naissant sous le pull forcément pas à la mode.
Et puis zut ! Qui aime bien châtie bien. Alors, qui aime beaucoup…

lundi 21 janvier 2013

Le gaspillage... Quel gaspillage ?


Noé a-t-il compris que la crise économique menaçait de traverser les Pyrénées avoisinantes et de gronder aux portes du foyer familial ? Qu’il n’est pas né chez les gagnants du jackpot d’une quelconque loterie ? Que la bouffe reste, même dans une société de consommation, une denrée précieuse, peu anodine ?
Nul ne le saura jamais. Toujours est-il qu’il n’est pas un grand gaspilleur de lait. La plupart du temps, un bib commencé est un bib (quasiment) achevé. Et dans sa quête du précieux breuvage, il ne fait pas semblant ! Il avale, goulument ou à son rythme, mais il avale tout ! Et garde tout, sans régurgitation excessive qui condamnerait inexorablement le malheureux bavoir aux oubliettes de la corbeille à linge sale.
L’estomac de ce véritable Harpagon de la tétine est plein comme un bas de laine regorgeant d’écus.
Résultat de cette rétention alimentaire quasi parfaite : Noé grossit. Sans pour autant devenir obèse, il relègue son statut de nouveau-né Taille XS accusant 2,5 kg sur la balance à un souvenir déjà lointain. La crevette est devenue gambas. En attendant d’être promue langouste. Noé vivant dans un port, ce serait une promotion somme toute logique…

Les révolutions de Noé

Instinctivement, Noé a très vite pigé que, dans ce monde dénué de scrupules, le plus sûr moyen d’obtenir quelque chose est d’ouvrir sa gueule à tout va, même quand l’interlocuteur et le moment ne sont pas judicieusement choisis.
Seulement, pour obtenir gain de cause, encore faut-il savoir ce que l’on désire ardemment. Ce qui n’est pas toujours le cas de Noé, ce revendicateur pré-pubère qui, dix-sept ans et neuf mois environ avant sa majorité légale, souhaite déjà s’émanciper en abusant de l’exhortation crispante, mais en se perdant avec une régularité métronomique dans les méandres de ses multiples motifs de colères et révoltes : J’ai faim sans avoir faim ; J’ai sommeil mais je ne veux pas me coucher ; Je ne veux pas quitter les bras ; Je veux quitter les bras ; Je veux que la poussette bouge ; La poussette bouge trop. Liste non exhaustive.
Alors, à défaut de pouvoir le laisser déserter le cocon familial où gîte et couvert sont gracieusement offerts, je l’exile au fond de son lit où seule, témoin silencieuse et sourde (détail très important), la peluche de Barbapapa assiste à ce mini-mai 68, voué comme son modèle à échouer lamentablement. Non, le prolétariat (Noé) n’écrasera pas le patronat (papa et maman) qui aura le dernier mot dans cette lutte des classes quotidienne. Du moins pas pour l'instant.

jeudi 17 janvier 2013

Silence…

La paix mondiale est instaurée dans l’appartement. Epuisés, les deux parents sont silencieusement affalés dans le canapé du salon. Sans mot dire, ils savourent pleinement les bruits du quotidien : le frigo qui ronronne, le chauffage qui s’enclenche dans un doux chuintement, le ventre du père qui gargouille (il est 20 h 30 et le diner n’est juste qu’un vague projet), le soupir soulagé de la mère.
Face à eux, sur la table du salon, le biberon, jadis rempli de Lémiel®, gît, entièrement vide. Une goutte du précieux breuvage perle encore sur le bout de la tétine.
Dans la chambre mitoyenne, un faible ronflement indique que Noé pionce comme une brute, le ventre plein, la tête nettoyée de toute envie d’ordre alimentaire. Le tsunami de décibels postnatal a cédé face aux coups de boutoir du sommeil.
Mais la victoire sera brève ! Le prochain bib est programmé pour 23 h 30, dans trois ridicules heures. Malheureusement, Noé, ne sachant toujours pas lire une pendule (ça tombe bien, il n’y en a pas une seule accrochée sur les murs de sa chambre), peut déclencher à tout moment les hostilités et s’extirper sans ménagement de son sommeil salvateur (pour ses géniteurs. Lui s’en fiche, il dort quand bon lui semble), au détour d’un mauvais rêve ou d’une subite et inconsciente envie de gonfler ses ascendants directs.
Tant pis pour la soirée télé. La naissance d’un gamin devrait entraîner automatiquement pour les jeunes parents un dégrèvement de la redevance audiovisuelle pour une période indéterminée…

Le cri qui grince

Noé est un sacré veinard. Non pas parce qu’il a des parents formidables, mais parce qu’il possède un talent précoce, un véritable don. Celui-ci pourrait même l’amener à débuter prochainement une carrière internationale dans le domaine du bruitage, notamment pour le compte des réalisateurs de films d’horreur ou au suspens insoutenable : Il imite à merveille la porte qui grince (quasi-incontournable dans ces productions cinématographiques produites à foison), avec une maîtrise inégalée de toutes les nuances de couinement.
- La porte qui grince doucement lorsqu’il se réveille bien disposé ;
- la porte qui grince violemment en menaçant de s’arracher de ses gonds dans des situations bien particulières : sieste interrompue (à éviter) ; approche de la prise du biberon, à H-2 minutes de l’instant T (se dépêcher); extirpation forcée d’un bain à température idéale (36 ou 37°C.) dans lequel « Môssieur Noé » se prélasse béatement depuis un bon quart d’heure (le sécher rapidement en essayant – généralement en vain - de faire diversion).
On se prend alors à rêver avec un certain empressement de l’instant toujours trop lointain : celui où la porte se fermera à double tour sous la pression du sommeil.

Si vous avez manqué le premier épisode…

Donc Noé est sorti du bunker maternel le samedi 3 novembre 2012. Cette délicate mission a été réalisée en collaboration avec un duo de jeunes aides-soignantes surbookées mais toujours souriantes et disponibles. Le nouveau locataire terrien a déplié ses poumons en gesticulant ses cure-dents… pardon, ses guibolles, à 23 h 10, au tout début de la diffusion sur France 2 de l’émission « On n’est pas couché » (nous non plus d’ailleurs), vingt-trois jours avant la date prévue. Ses parents l’affirment en toute objectivité : Sa beauté et ses mensurations idéales ont laissé rêveur le personnel médical : visage lisse comme une pomme golden fraîchement cueillie de l’arbre, poids de 2,510 kg exactement pour une taille de 48,50 cm non moins exactement. Pour l’heure, un tel gabarit ne laisse pas envisager pour ce tube digestif doté de puissantes cordes vocales une carrière de pilier dans la mêlée de l’USAP. Tout au plus, à ce stade de l’histoire, Noé est-il un poil plus lourd et volumineux, mais moins ovale, qu’un ballon de rugby. C’est mieux que rien.
Les géniteurs sont légitimement fiers de cet événement qui va bouleverser leur vie (essentiellement leurs nuits). Après un douloureux travail préparatoire de presque quarante-huit heures (Dieu que c’est super d’être un homme !), la mère n’est pas mécontente d’avoir expulsé le pépin qu’elle avait en travers du ventre depuis plus de huit mois. Le père se porte bien également. Il ne s’est pas évanoui pendant l’accouchement et n’a absolument pas souffert.

Pour la suite de la saga de Noé, rendez-vous au fil du blog...